gwladysGwladys JOHNSON,
Rédactrice en chef

Edito n°9: L’accord international le plus rapidement ratifié de toute l’histoire humaine

Avec la réhabilitation de son secteur énergétique, l’Afrique du Sud a repris au Nigeria sa place de première économie africaine. Un Nigeria qui, en plus des problèmes économiques engendrés par la chute des prix du pétrole, s’est retrouvé avec un secteur énergétique au bord du déclin. Ses centrales, en grande partie dépendantes du gaz, ont en effet été paralysées par le manque de combustible provoqué par le sabotage d’installations gazières dans le delta du Niger.

 

Pour ne pas subir les même revers, certains pays du continent, en l’occurrence le Rwanda et la Tanzanie, ont intensifié leurs efforts d’électrification des populations rurales, notamment avec des sources d’énergie renouvelables. Dans le même temps, la communauté internationale s’engage chaque jour un peu plus dans le développement d’un secteur énergétique décarboné. Ainsi, l’Argentine a mis sur pied un programme inédit de construction de centrales, tandis que la Chine, comme dans tous les domaines où elle s’implique, mène la course mondiale dans l’installation de centrales d’énergie renouvelable.

 

Le but de cette dynamique est d’atteindre les objectifs fixés lors de la 21ème conférence des parties sur le climat (COP21). Des objectifs dont la feuille de route sera déterminée de manière plus précise en novembre prochain au Maroc, actuellement en pleine ébullition pour l’organisation de l’événement. En effet, à quelques semaines du début de ces assises, toutes les composantes du pays (le secteur privé en première ligne) se mobilisent afin que Marrakech 2016 soit réellement la COP de l’implémentation de l’Accord de Paris. Cet accord, déjà ratifié par 60 pays représentant 47,76% des émissions, est à deux doigts de devenir l’instrument international entré le plus rapidement en vigueur dans toute l’histoire humaine.

 

A la veille de la rencontre de Marrakech, il urge donc pour les pays africains d’être plus que jamais prêts et sûrs de leurs propositions de plans de mise en œuvre de cet accord. Car si l’issue de la 22ème édition de la COP ne sera peut-être pas aussi retentissante que celle de la 21ème, elle déterminera incontestablement l’avenir du continent pour les prochaines décennies. D’où la nécessité de s’assurer de la sauvegarde de ses intérêts dans l’atteinte de cet objectif global, et de donner tout son sens au caractère différencié des différents objectifs climatiques.